Jeudi 14 mai 2009
Eloa, disaient -ils, oh ! veillez bien sur vous :
Un anges peut tomber ; le plus beau de nous tous
N'est plus ici : pourtant dans sa vertu première
On le nommait CELUI QUI PORTE LA LUMIERE ;
Car il portait l'amour et la vie en tout lieu,
Aux astres il portait tous les ordres de Dieu ;
La terre consacrait sa beauté sans égale,
Appelant LUCIFER l'étoile matinale,
Diamant radieux que sur son front vermeil
Parmi ses cheveux d'or à posé le soleil.
Mais on dit qu'à présent il est sans diadème,
Qu'il gémit, qu'il est seul, que personne ne l'aime,
Que la noirceur d'un crime appesantit ses yeux,
Qu'il ne sait plus parler le langage des cieux ;
La mort est dans ces mots que prononce sa bouche ;
Il ne peut plus sentir le mal ni les bienfaits ;
Il est même sans joie aux malheurs qu'il a faits ;
Le ciel qu'il habita se trouble à sa mémoire,
Nul Ange n'osera vous conter son histoire.
Alfred de Vigny
Un anges peut tomber ; le plus beau de nous tous
N'est plus ici : pourtant dans sa vertu première
On le nommait CELUI QUI PORTE LA LUMIERE ;
Car il portait l'amour et la vie en tout lieu,
Aux astres il portait tous les ordres de Dieu ;
La terre consacrait sa beauté sans égale,
Appelant LUCIFER l'étoile matinale,
Diamant radieux que sur son front vermeil
Parmi ses cheveux d'or à posé le soleil.
Mais on dit qu'à présent il est sans diadème,
Qu'il gémit, qu'il est seul, que personne ne l'aime,
Que la noirceur d'un crime appesantit ses yeux,
Qu'il ne sait plus parler le langage des cieux ;
La mort est dans ces mots que prononce sa bouche ;
Il ne peut plus sentir le mal ni les bienfaits ;
Il est même sans joie aux malheurs qu'il a faits ;
Le ciel qu'il habita se trouble à sa mémoire,
Nul Ange n'osera vous conter son histoire.
Alfred de Vigny